"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 décembre 2017

Conception de la Mère de Dieu par sainte Anne

 Conception de la Très-Sainte-Mère de Dieu par Sainte Anne

Comme Eve tu enfantes, pourtant sans tristesse;
car, sainte Anne, en ton sein tu portes l'allégresse.
C'est le neuvième jour que sainte Anne conçoit
en aïeule de Dieu la Mère de son Roi.
Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous.
Amen.


Tropaire, t. 4

En ce jour sont brisées les chaînes de la stérilité, * car Dieu exauce la prière d'Anne et de Joachim: * il leur promet clairement la naissance inespérée * de la divine enfant qui doit à son tour * enfanter l'Infini dans la chair des mortels, * celui même qui ordonne à l'Ange de lui crier: * Réjouis-toi, Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Kondakion, t. 4

L'univers célèbre en ce jour * la Conception d'Anne survenue par divine volonté: * elle conçoit en effet * celle qui à son tour concevra * de manière ineffable le Verbe de Dieu.

Ikos

Toi qui, malgré son âge avancé, * accordas jadis à Sara * en vertu de ta promesse et de ta protection * un fils, le patriarche Isaac, * toi qui ouvris, Seigneur tout-puissant, * le stérile sein d'Anne, la mère du prophète Samuel, * à présent regarde vers moi, * agrée aussi ma supplication, * accomplis ma demande, criait en pleurant * Anne la stérile, et le Bienfaiteur l'exauça; * c'est pourquoi elle conçut dans la joie * la Vierge qui à son tour concevra * de manière ineffable le Verbe de Dieu.

Exapostilaire (t. 3)

Verbe qui rachetas au prix de ton sang * ton Eglise sainte, vénérable et digne d'admiration, * veuille en ton Esprit, Dieu de bonté, * la renouveler et l'embellir de ta divine splendeur, * toi dont la majesté glorifie * ceux qui célèbrent dignement la Dédicace de ta maison.

Dans sa miséricorde, le Seigneur * entendit les gémissements de sainte Anne et lui donna * la seule inépousée qui enfanta la Clarté * pour les confins de l'univers de merveilleuse façon; * ce que voyant, l'illustre Joachim * exulta d'allégresse et fut saisi d'admiration.

La Sagesse de Dieu a bâti sa maison, * d'un stérile sein la Mère de Dieu, * la Vierge Marie que d'âge en âge nous disons bienheureuse.

07 décembre 2017

Comment se confesser (Optina / Pélerin Russe 5/5)


Les 5 points de l'examen de sa conscience pour bien se préparer à la Confession


4. Je suis tout orgueil et égoïsme des sens.
Toutes mes actions le confirment. Voyant quelque chose de bon en moi, je désire le mettre en vue ou en faire mon orgueil devant d'autres ou en moi-même pour m'admirer de ce bien. Bien que j'affiche une humilité extérieure, je l'impute cependant toute entière à mon propre mérite et me considère comme supérieur aux autres, ou tout au moins pas plus mauvais qu'eux. Si je remarque une faute en moi, j'essaie de l'excuser, de la cacher en disant "je suis fait ainsi" ou "je ne suis pas à blâmer". Je me mets en colère contre ceux qui ne me traitent pas avec respect et les juge incapables d'apprécier la valeur des gens. Je me vante de mes dons ; mes échecs dans les entreprises, je les considère comme une insulte personnelle. Je trouve du plaisir dans le malheur de mes ennemis. Si je m'efforce à quelque chose de bien, c'est dans le but d'en tirer de la gloire, une satisfaction spirituelle ou une consolation terrestre. En un mot, je fais continuellement une idole de moi-même, et la sers sans arrêt, cherchant en toute chose une nourriture pour mes passions et pour mes convoitises.

5. A l'examen de tout cela, je vois que je suis orgueilleux, corrompu, incroyant, sans amour pour Dieu et que je hais mon prochain. Quel état pourrait être plus coupable ? La condition des esprits des ténèbres est meilleure que la mienne. Eux, bien qu'ils n'aiment pas Dieu, qu'ils haïssent les hommes et vivent d'orgueil, du moins croient et tremblent. Mais moi ? Peut-il y avoir un destin plus terrible que celui qui se présente à moi, et quelle sentence sera plus sévère que celle qui jugera la vie insouciante et folle que je reconnais en moi-même ?

Citat : 5ème récit du Pèlerin Russe

05 décembre 2017

Comment se confesser (Optina / Pélerin Russe 4/5)


Les 5 points de l'examen de sa conscience pour bien se préparer à la Confession

3. Je n'ai aucune foi religieuse.
Ni dans l'immortalité, ni dans l'Évangile. Si j'étais fermement persuadé sans aucun doute qu'au delà de la tombe se trouvent la vie éternelle et la récompense des actes de cette vite, j'y penserais continuellement. L'idée même d'immortalité m'emplirait de crainte et je mènerais cette vie-ci comme un étranger qui se préparer à rentrer dans son pays natal.
Au contraire, je ne pense même pas à l'éternité, et je considère la fin de cette vie sur terre comme la limite de mon existence. Cette secrète pensée naît en moi : "Qui sait ce qui survient au moment de la mort ?" Si je dis que je crois à l'immortalité, c'est une simple affirmation mentale et mon coeur est fort éloigné d'en avoir la ferme conviction. Ma conduite et mon souci constant de satisfaire la vie des sens en témoignent de toute évidence.
Si mon coeur avait foi dans le saint Évangile comme Parole de Dieu, je m'en préoccuperais continuellement, je l'étudierais, j'y trouverais mes délices et j'y attacherais mon attention avec une profonde ferveur. La sagesse, la grâce, l'amour y sont cachés. Je ferais jour et nuit ma joie de l'étude de la Loi de Dieu. En Lui serait ma nourriture, mon pain quotidien, et mon coeur garderait spontanément Ses Lois. Rien sur terre n'aurait assez de force pour m'en détourner.
Au contraire, si de temps à autre je lis ou entends la Parole de Dieu, ce n'est guère alors que par nécessité ou pour l'amour en soi de connaître. D'ailleurs, je n'y prête pas une très grande attention, et je la trouve morne et sans intérêt. Je parviens généralement à la fin de ma lecture sans aucun profit, toujours prêt à changer pour une lecture mondaine à laquelle je prends plus de plaisir et où je trouve des sujets nouveaux et intéressants.


Citat : 5ème récit du Pèlerin Russe

03 décembre 2017

Comment se confesser (Optina / Pélerin Russe 3/5)


Les 5 points de l'examen de sa conscience pour bien se préparer à la Confession

2. Je n'aime pas mon prochain non plus.
Car non seulement je ne suis pas capable de sacrifier ma vie pour lui (comme le demande l'Évangile), mais je ne renonce même pas à mon bonheur, mon bien-être et ma paix pour le bien de mon prochain. Si je l'aimais comme moi-même, comme l'ordonne l'Évangile, ses malheurs m'affligeraient et son bonheur me réjouirait.
Mais au contraire, j'écoute sur mon prochain des histoires curieuses et malheureuses, et je ne suis point affligé. Je ne m'en trouble nullement ou, ce qui est pire, j'y prends un certain plaisir. La mauvaise conduite de mon frère, au lieu de la cacher avec amour, je la proclame avec malice. Son bien-être, ses honneurs et ses joies ne me réjouissent pas comme pour moi-même, et je n'en ressens aucun plaisir, comme s'ils m'étaient tout à fait étrangers. Qui plus est, ils suscitent insidieusement en moi l'envie ou le dédain.


Citat : 5ème récit du Pèlerin Russe

01 décembre 2017

Comment se confesser (Optina / Pélerin Russe 2/5)


Les 5 points de l'examen de sa conscience pour bien se préparer à la Confession

1. Je n'aime pas Dieu.
Car si j'aimais Dieu, je penserais continuellement à Lui avec une joie profonde. Chaque pensée de Dieu me donnerait plaisir et délices. Au contraire, bien plus souvent et bien plus ardemment, je pense aux choses du monde, et penser à Dieu est pour moi labeur et séchresse. Si j'aimais Dieu, parler avec Lui dans la prière serait ma nourriture et ma joie, et cela m'entraînerait à une communion ininterrompue avec Lui. Mais au contraire, non seulement je ne trouve aucun délice dans la prière, mais pire, je trouve que c'est un effort. Je lutte avec aversion, je suis affaibli par la paresse, et je suis prêt à m'empresser à n'importe quelle futilité pour peu qu'elle raccourcisse la prière et m'en détourne. Mon temps s'envole avec des occupations sans importance, mais quand je suis occupé avec Dieu, quand je me mets en Sa présence, chaque heure me semble longue comme une année. Celui qui aime quelqu'un y pense tout le jour, sans arrêt, s'en représente l'image, prend soin de lui, et en aucune circonstance l'être aimé ne quitte ses pensées. Quant à moi, de toute la journée, c'est à peine si je réserve ne fut-ce qu'une heure pour me plonger dans la mémoire de Dieu, pour enflammer mon coeur pour Lui, alors que j'abandonne avec empressement 23 heures en ferventes offrandes aux idoles de mes passions.
Je ne demande qu'à parler de sujets frivoles et de choses qui dégradent l'âme. Cela me fait plaisir. Mais s'il s'agit de méditer sur Dieu, c'est l'aridité, l'ennui et la paresse. Même si je suis involontairement conduit par d'autres à un sujet spirituel, je m'efforce de vite détourner la convesation pour qu'elle convienne à mes désirs. Je suis insatiablement curieux des nouveautés et des événements politiques. Je cherche avec ardeur à satisfaire mon amour pour les connaissances de la science et de l'art. Mais l'étude de la Loi de Dieu, la connaissance de Dieu et de la Foi ont peu d'attrait pour moi, et ne répondent pas à un besoin de mon âme. Non seulement je les considère comme occupation non-essentielle pour un Chrétien, mais encore, à l'occasion, comme une sorte de superflu dont je m'occuperais peut-être pendant mes loisirs, aux moments perdus. En définitive, si l'on reconnaît l'amour de Dieu à l'observance de Ses Commandements ("Si vous M'aimez, vous observerez Mes Commandements" dit notre Seigneur Jésus-Christ), non seulement je ne les observe pas, mais encore, je m'efforce peu de le faire, et en toute vérité, il en résulte que je n'aime pas Dieu. C'est ce que dit saint Basile le grand : "La preuve qu'un homme n'aime pas Dieu et Son Christ réside dans le fait qu'il n'observe pas Ses Commandements."



Citat : 5ème récit du Pèlerin Russe

30 novembre 2017

Comment se confesser (Optina / Pélerin Russe 1/5)


"D'abord, ne confesse pas des péchés dont tu t'es déjà repenti et qui t'ont été pardonnés. Car ce serait mettre en doute le pouvoir du Sacrement de Confession.
Ensuite, ne rappelle pas à ton souvenir les autres personnes qui ont été associées à tes péchés. Ne juge que toi-même.
Troisièmement, les saints Pères nous défendent de mentionner toutes les circonstances des péchés, et nous disent de les confesser en termes généraux, de façon à écarter la tentation tant de nous-même que du prêtre.
Quatrièmement, tu es venu te repentir et tu ne te repens pas de ne pas savoir te repentir - c'est à dire que ta confession est tiède et négligente.
Cinquièmement, tu t'es étendu sur tous ces détails, mais le plus important, tu ne l'as pas retenu : tu n'as pas exposé les péchés les plus graves de tous. Tu n'as pas confessé et inscrit sur ta lettre que tu n'aimes pas Dieu, que tu hais ton prochain, que tu ne crois pas au Verbe de Dieu, et que tu es tout orgueil et ambition. Le mal s'enracine dans ces quatres péchés où réside toute notre dépravation spirituelle. Ils sont les racines maîtresses d'où jaillissent les rejetons de tous les péchés auxquels nous succombons.
Citat : 5ème récit du Pèlerin Russe